• Double-tranchant

    Si j'étais resté à Paris, aujourd'hui je serai mort. C'est ce que je me suis dit en finissant la relecture du livre de Guillaume Dustan "Nicolas Pages". Dustan est mort en 2003. J'ai quitté Paris en 2000. La presse a dit que c'était une overdose médica(menteuse). Mouais, faut pas me prendre pour un con non plus. Dustan je le connaissais personnellement. Voilà le prix à payer de vivre sa vie à fond, d'emmerder les biens pensants et de rouler des mécaniques quand en réalité on est fragile, sans parler du défonçage de gueule permanent. Je sais ce que c'est, je l'ai fait. Je me dis quelquefois, dans mon bled paumé d'Ardèche, que, franchement, j'ai rien à foutre là, et c'est vrai, mais fallait bien lever le pied.

    Ce qui me fait drôle quand je lis Dustan, c'est que je me reconnais trop. Précisèment, c'est pas moi que je reconnais, mais ma vie. Dudus traînait dans les mêmes endroits que moi, le même Paris : Cox, QG, l'Arène, l'Enfer (dont il dit que c'était une boite de barges, moi je trouvais ça pas pire que ) Le Queen, La Dispatch, La scream (seule truc bien pondu par Guetta), Les Bains (qu'il adorait moi je détestais, trop bas de plafond et trop de cons). Je crois que je me défonçais moins quand même (plus de coke moins d'exta, moins nocif donc). On avait quelques connaissances en commun. Je connaissais les plus grandes drags queens parce-que mon coloc' Fred se tapait Dario, la reine des drags qui était un super pote de La Chose, Friedrich et Miss Sue. Je connaissais aussi quelques journalistes qu'il frequentait. A fond le guetto.

    Tout ça pour dire que la décision qui m'a plombé de regrets, et aussi celle qui m'a sauvé la vie : quitter Paris.

    Au prochain épisode : Villeurbanne.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :